11.11.09




hommes exilés dans le fracas du monde
se coupent à leurs rêves si
les chiens du désir eux
taillent la nuit à pleins crocs dans la cour
sous la lune impassible.
endormi, drapé dans la question
dis-moi quand viendra celle
qui frappe à chaque porte, chargée d'un bouquet d'ombres...

(novembre 2009)


8.11.09





Pour lire mon texte intitulé "Le Don", 1er prix du concours de Poésie Louis Amade 2009, cliquez ici.






seul dans ma peau de livres
je marche à toi la gueule lourde
en soufflant comme un animal blessé
une ombre dans ton théâtre de lumière
je marche sur un monde étrange
qui sonne creux

seul dans ma peau d'images
je cours dans un grand labyrinthe
où les murs sont des miroirs brisés
des doubles impossibles
je cours dans le mauvais sens
et ma voix ne me ressemble déjà plus

seul dans ma peau de nerfs
je suis au bord de tout et rien
tu as disparu mon amour monstre
quoi dire encore
je suis au bout de moi
reste un dernier cri de poussière


(novembre 2009)


19.10.09






sleep is scarce tonight
and waking dreams
words seem empty to describe
I take a walk and feel
half-naked in the streets that sleep alright

the sky is silent, deceiving
I thought there was more to it than
pointless stars
and smoke from swelling factories

and rain now -
my reflection in a bookshop window
will quickly fade away
and on the moist pavement fade
away my tracks

for we are but passing
- sleep is scarce tonight

(octobre 2009)



EVENING (par Simon Armitage, in Tyrannosaurus Rex versus the Corduroy Kid, traduction Samuel Florin)


Tu as douze ans. Ou treize, pas plus.
Tu sors de la maison par derrière.
Tu as encore le temps. Tu as promis
de ne pas t'éloigner, de faire vite.

Un jour tu appelleras les arbres par leur nom.
Tu tournes à gauche sous la crête,
et tu prends le chemin entre deux ruisseaux.
Tu passes Wool Clough. Et puis Royd Edge.

Le soleil fait encore briller les cimes. Mais
le soir. Le soir te double dans la côte.
Les doigts du crépuscule grimpent dans ton dos.
Tourne les talons. De retour chez toi,

ta fille dort dans son lit, trop grande pour un berceau.
Ta femme coud et rapièce sous la lampe.
Tu t'excuses. Tu pensais
qu'il était tôt. Se fait-il donc si tard ?


(octobre 2009)





11.10.09



fascination pour les éoliennes



fleurs de métal dans les couloirs du vent
par sillons droits semées
marchent les éoliennes, Parques
riches de leur moisson d'air

sans âge et mécaniques
mais couronnées d'hélices valsant
lentement en foule vrombissante
elles habitent les bals
de ma raison malade -

éoliennes, jalouses
comme des reines pâles
et dans mon poème
s'il vente
me hanteront toujours leurs frissons électriques :
soupirs déments d'acier


(octobre 2009)



8.9.09




1. the wall


so we have come this far, only to stop
at last, our limbs numb and unsure.
it took some time
to try and recollect the breath
which scattered on the way among
the black and compact stones we trailed
for fear stars might trick us :
one cannot be so bright
yet have nothing to hide.

we can see it, finally.
the wall - thick, silence-shaped.
there is nothing to be done. only
to stop and stare and fall.

dawn may rise now, and dew sparkle
on the sarcastic rocks like treacherous jewels.
beautifully, the sky is crying shooting stars.
we know it is genuine in the end,
and always has been - too late :

darkness over light we trusted,
lost our way, and hold each other's hands.


(sept 2009)